<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><rss version="2.0" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"><channel><title>Elections am&#xe9;ricaines vues par Pap Ndiaye</title><link>http://electionsamerica.canalblog.com/</link><description>Pap Ndiaye d&#xe9;crypte pour L&apos;Histoire les &#xe9;lections pr&#xe9;sidentielles am&#xe9;ricaines</description><language>fr</language><lastBuildDate>Sun, 15 Nov 2009 20:15:51 GMT</lastBuildDate><generator>CanalBlog - http://www.canalblog.com</generator><item><title>De Bamako</title><dc:creator>Pap Ndiaye</dc:creator><link>http://electionsamerica.canalblog.com/archives/2008/11/25/11506924.html</link><comments>http://electionsamerica.canalblog.com/archives/2008/11/25/11506924.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://electionsamerica.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/11506924/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://electionsamerica.canalblog.com/archives/2008/11/25/11506924.html</guid><description>&lt;p&gt;Bonjour ! D&#xe9;sol&#xe9; pour le laps de temps qui s&apos;est &#xe9;coul&#xe9; depuis mon dernier post. Je reviens d&apos;un s&#xe9;jour au Mali, &#xe0; Bamako. Lors d&apos;une rencontre avec des lyc&#xe9;ens (lyc&#xe9;e priv&#xe9; de Bamako, enfants de la classe moyenne : commer&#xe7;ants, fonctionnaires), le sujet am&#xe9;ricain est venu rapidement sur le tapis. Tous ont suivi l&apos;&#xe9;lection am&#xe9;ricaine, via internet (ils ne lisent pratiquement pas la presse locale). Ils regardent les sites fran&#xe7;ais, et discutent en ligne sur les sites habituels en langue fran&#xe7;aise. Ils se sentent fiers de Obama, m&apos;expliquent-ils, en raison de ses origines africaines. Et ils esp&#xe8;rent qu&apos;il fera quelque chose pour l&apos;Afrique. Ils me demandent s&apos;il vaut mieux &#xea;tre noir en Am&#xe9;rique ou en France. Bonne question ! &lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/19/92/515114/32924304.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img alt=&quot;P1020101&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/19/92/515114/32924304_p.jpg&quot; width=&quot;300&quot; height=&quot;225&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;float: left; margin: 0px 5px 5px 0px;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Et puis une question vient &#xe0; propos d&apos;un pr&#xe9;sident noir en France : c&apos;est impossible disent-ils, c&apos;est un choeur unanime. Pourquoi serait-ce impossible en France alors qu&apos;Obama vient d&apos;&#xea;tre &#xe9;lu aux Etats-Unis, demand&#xe9;-je. Tous veulent parler en m&#xea;me temps, moi qui imaginais les lyc&#xe9;ens africains sous la f&#xe9;rule de leurs ma&#xee;tres, avec une &#xe9;ducation &#xe0; l&apos;ancienne, eh bien pas du tout ! L&apos;un d&apos;eux explique qu&apos;il voudrait &#xea;tre pr&#xe9;sident de la France, sous les rires des autres. Je leur demande alors s&apos;ils ont des projets d&apos;&#xe9;tudes &#xe0; l&apos;&#xe9;tranger (sachant par leur censeur qu&apos;ils viennent de miieux o&#xf9; cela est possible et relativement courant). Certains me parlent du Maroc, d&apos;autres de la France, et la plupart des Etats-Unis. Est-ce un effet Obama ? Oui, ils veulent aller aux Etats-Unis parce qu&apos;il y a un pr&#xe9;sident noir l&#xe0;-bas... Na&#xef;vet&#xe9;s lyc&#xe9;ennes ? Peut-&#xea;tre, peut-&#xea;tre pas : il est possible que la migration africaine s&apos;accroisse encore en direction des Etats-Unis.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Depuis 1990, plus d&apos;Africains entrent annuellement aux Etats-Unis qu&apos;&#xe0; aucun moment de leur histoire, y compris durant la traite n&#xe9;gri&#xe8;re (chaque ann&#xe9;e environ 50 000 migrants africains l&#xe9;gaux s&apos;installent aux Etats-Unis, contre environ 30 000 esclaves africains import&#xe9;s annuellement pendant les ann&#xe9;es de traite intensive, au 18e si&#xe8;cle). A New York, un Noir sur trois est n&#xe9; &#xe0; l&apos;&#xe9;tranger. Il existe un quartier &quot;Little Senegal&quot; du c&#xf4;t&#xe9; de la 116e rue &#xe0; Harlem, et d&apos;autres quartiers &#xe0; Brooklyn et dans le Bronx o&#xf9; la population africaine est tr&#xe8;s importante. Mais les universit&#xe9;s am&#xe9;ricaines ont su attirer des &#xe9;tudiants africains, via des fondations qui prospectent dans diff&#xe9;rents pays d&apos;Afrique, et des bourses sp&#xe9;cifiques. Les Etats-Unis se r&#xe9;africanisent. L&apos;Afrique s&apos;am&#xe9;ricanise (et les Fran&#xe7;ais commentent).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il est donc bien possible que parmi la cinquantaine de jeunes gens devant moi dans ce lyc&#xe9;e, aux yeux p&#xe9;tillants d&apos;intelligence, de curiosit&#xe9;, quelques-uns partent aux Etats-Unis (ou au Canada) pour des s&#xe9;jours plus ou moins longs, et que s&apos;intensifient les relations entre le Mali et l&apos;Am&#xe9;rique du Nord. Celles qu&apos;incarne le professeur de litt&#xe9;rature compar&#xe9;e de New York University Manthia Diawara, par exemple, ou l&apos;astrophysicien malien de la NASA, Modibo Diarra (dont tout le monde me parle, au Mali).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Au m&#xea;me moment, la France s&apos;efforce de faire signer au Mali un accord facilitant l&apos;expulsion des Maliens sans-papiers install&#xe9;s en France. Obama, Diarra et les autres d&apos;un c&#xf4;t&#xe9; ; Hortefeux de l&apos;autre : je comprends bien ce que les lyc&#xe9;ens du lyc&#xe9;e du Progr&#xe8;s de Bamako veulent me dire. J&apos;en ai m&#xea;me &#xe9;t&#xe9; tr&#xe8;s &#xe9;mu.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Photo : lyc&#xe9;ens du lyc&#xe9;e Le Progr&#xe8;s, &#xe0; Bamako.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Tue, 25 Nov 2008 10:25:00 GMT</pubDate></item><item><title>la transition</title><dc:creator>Pap Ndiaye</dc:creator><link>http://electionsamerica.canalblog.com/archives/2008/11/11/11323005.html</link><comments>http://electionsamerica.canalblog.com/archives/2008/11/11/11323005.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://electionsamerica.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/11323005/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://electionsamerica.canalblog.com/archives/2008/11/11/11323005.html</guid><description>&lt;p&gt;Il y a donc, depuis le 5 novembre, un &quot;pr&#xe9;sident-&#xe9;lu&quot; qui entrera en fonction le 20 janvier prochain. L&apos;&#xe9;lection pr&#xe9;sidentielle am&#xe9;ricaine &#xe9;tant au suffrage universel indirect, il faut que les grands &#xe9;lecteurs se r&#xe9;unissent pour &#xe9;lire le pr&#xe9;sident (ce sera fait le mercredi suivant le second lundi de d&#xe9;cembre), puis que le r&#xe9;sultat soit annonc&#xe9; le 6 janvier. Depuis une loi de 1963, tous les moyens de l&apos;Etat, pendant la p&#xe9;riode de transition, doivent &#xea;tre mis &#xe0; la disposition du pr&#xe9;sident-&#xe9;lu, afin qu&apos;il puisse se pr&#xe9;parer &#xe0; ses fonctions dans les meilleures conditions.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Cette p&#xe9;riode est assez d&#xe9;licate, car le pr&#xe9;sident sortant, appel&#xe9; &quot;lame duck&quot; (canard boiteux) n&apos;est plus l&#xe0; que pour r&#xe9;gler les affaires courantes. Il est d&apos;usage que les d&#xe9;cisions importantes soient remises &#xe0; plus tard, ou n&#xe9;goci&#xe9;es avec le pr&#xe9;sident-&#xe9;lu, mais ce n&apos;est pas obligatoire. La question se posait de mani&#xe8;re plus aigu&#xeb; avant 1936, car la p&#xe9;riode de transition durait jusqu&apos;en mars, voire avril ! C&apos;est &#xe0; l&apos;occasion de la fameuse &#xe9;lection de 1932-1933, en pleine grande d&#xe9;pression, que la transition fut jug&#xe9;e trop longue et n&#xe9;faste aux int&#xe9;r&#xea;ts urgents du pays. Il y avait eu un pr&#xe9;c&#xe9;dent franchement catastrophique : la transition de 1860, &#xe0; l&apos;occasion de l&apos;&#xe9;lection de Lincoln. Entre novembre et mars, les Etats du Sud firent s&#xe9;cession, pour former la Conf&#xe9;d&#xe9;ration sudiste en f&#xe9;vrier 1861. Le pr&#xe9;sident sortant, Buchanan, d&#xe9;plora la s&#xe9;cession, mais ne fit rien (d&apos;autant qu&apos;il &#xe9;tait personnellement favorable &#xe0; l&apos;esclavage). Lorsque Buchanan transmit le pouvoir &#xe0; Lincoln, les Etats-Unis s&apos;&#xe9;taient d&#xe9;sint&#xe9;gr&#xe9;s. La capitale f&#xe9;d&#xe9;rale &#xe9;tant aux mains des esclavagistes, Lincoln dut y entrer clandestinement le 23 f&#xe9;vrier, en pr&#xe9;vision de la c&#xe9;r&#xe9;monie d&apos;intronisation du 4 mars. Les risques d&apos;attentat contre le nouveau pr&#xe9;sident &#xe9;taient si &#xe9;lev&#xe9;s qu&apos;il fut prot&#xe9;g&#xe9; par une petite arm&#xe9;e de gardes nationaux.&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/80/61/515114/32367349.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img alt=&quot;439px_Abraham_Lincoln_half_length_seated__April_10__1865&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/80/61/515114/32367349_p.jpg&quot; width=&quot;220&quot; height=&quot;300&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;float: left; margin: 0px 5px 5px 0px;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Donc, en 1936, la transition fut r&#xe9;duite de six semaines, de telle sorte que depuis, la c&#xe9;r&#xe9;monie a lieu le 20 janvier aux alentours de midi. Dans le cas d&apos;Obama, la transition a d&#xe9;j&#xe0; &#xe9;t&#xe9; soigneusement pr&#xe9;par&#xe9;e, par le &quot;Obama-Biden Transition Project&quot;, men&#xe9; par une &#xe9;quipe de vieux routiers de l&apos;administration Clinton. Les pr&#xe9;paratifs &#xe9;taient en principe secrets, mais tout le monde est au courant depuis longtemps, &#xe0; tel point qu&apos;il y a peu, McCain moquait Obama &quot;en train de mesurer les rideaux de la Maison Blanche&quot;. Sur la question de la transition comme tout le reste, Obama n&apos;a pas le go&#xfb;t de l&apos;improvisation. Cependant, il ne souhaite pas donner l&apos;impression qu&apos;il est d&#xe9;j&#xe0; pr&#xe9;sident, et qu&apos;il agit &#xe0; ce titre. Il ne sera donc pas pr&#xe9;sent lors de la r&#xe9;union du G20 &#xe0; Washington, mais il donne et donnera son avis &#xe0; propos de questions urgentes. George Bush semble dispos&#xe9; &#xe0; faciliter la transition. Tant mieux : lui qui est en comp&#xe9;tition avec Buchanan, justement, pour le titre de pire pr&#xe9;sident de l&apos;histoire des Etats-Unis, ne veut pas, de surcro&#xee;t, concurrencer son lointain pr&#xe9;d&#xe9;cesseur en &#xe9;tant le pire &quot;pr&#xe9;sident sortant&quot;. Quoiqu&apos;il ne faille jurer de rien.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Photo : Abraham Lincoln &#xe0; la fin de sa vie. Il laissa pousser sa barbe pendant la p&#xe9;riode de transition.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Tue, 11 Nov 2008 18:03:00 GMT</pubDate></item><item><title>Le style d&apos;Obama</title><dc:creator>Pap Ndiaye</dc:creator><link>http://electionsamerica.canalblog.com/archives/2008/11/09/11294480.html</link><comments>http://electionsamerica.canalblog.com/archives/2008/11/09/11294480.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://electionsamerica.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/11294480/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://electionsamerica.canalblog.com/archives/2008/11/09/11294480.html</guid><description>&lt;p&gt;On me demandait l&apos;autre jour ce qui distinguait Obama des hommes politiques afro-am&#xe9;ricains des Etats-Unis. La premi&#xe8;re chose qui me vient &#xe0; l&apos;esprit est que Obama &quot;passe&quot;. Dans la langue anglo-am&#xe9;ricaine, &quot;passer&quot; signifie &#xea;tre accept&#xe9; par le monde majoritaire, ne pas susciter d&apos;opposition tranch&#xe9;e et imm&#xe9;diate. Donc Obama &quot;passe&quot;, tandis que Jesse Jackson, par exemple, ne &quot;passe&quot; pas. D&apos;abord, la langue : cela vous surprendra peut-&#xea;tre, mais un Am&#xe9;ricain peut ais&#xe9;ment reconna&#xee;tre &#xe0; l&apos;oreille un de ses compatriotes noirs. Il y a un accent, des tournures, des mots qui sont propres aux Noirs, un &quot;Black English&quot; qui a fait l&apos;objet d&apos;&#xe9;tudes linguistiques et d&apos;un dictionnaire. Les sp&#xe9;cialistes discutent &#xe0; propos de ses influences linguistiques africaines (par exemple le verbe &quot;&#xea;tre&quot; pour signaler une action : &quot;he be workin&apos; on Mondays&quot;).&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/97/62/515114/32274421.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img alt=&quot;martin_luther_king&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/97/62/515114/32274421_p.jpg&quot; width=&quot;300&quot; height=&quot;256&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;float: left; margin: 0px 5px 5px 0px;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le &quot;Black English&quot; est un peu diff&#xe9;rent selon les r&#xe9;gions, il peut &#xea;tre empreint de l&apos;accent tra&#xee;nant du Sud ou de l&apos;accent gouailleur de Brooklyn, mais il est bien identifiable. Les jeunes &#xe9;lites noires ont souvent perdu cette particularit&#xe9; linguistique (ou bien la r&#xe9;sevent au cercle familial et amical), tandis que Obama ne l&apos;a jamais eue. Plus exactement, il raconte dans son autobiographie comment il s&apos;identifia au monde noir am&#xe9;ricain, jusqu&apos;&#xe0; pratiquer assid&#xfb;ment le basketball, adopter des expressions noires, etc. Mais il ne parle plus le &quot;Black English&quot; qu&apos;il n&apos;a bien entendu jamais connu par sa famille.&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/69/78/515114/32274190.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img alt=&quot;11_obama_lg&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/69/78/515114/32274190_p.jpg&quot; width=&quot;300&quot; height=&quot;201&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;float: left; margin: 0px 5px 5px 0px;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Une autre chose tient &#xe0; son style oratoire : Obama s&apos;exprime de mani&#xe8;re tr&#xe8;s pos&#xe9;e, tr&#xe8;s sobre, avec peu d&apos;&quot;effets de manche&quot;. Par contraste, le style afro-am&#xe9;ricain est plus expressif, fleuri, m&#xe9;taphorique et anaphorique, et emprunte beaucoup &#xe0; l&apos;art oratoire des pasteurs baptistes. Dans les &#xe9;glises noires, l&apos;&#xe9;motion est sollicit&#xe9;e, bienvenue, et est une mani&#xe8;re de se rapprocher de Dieu. La transe est m&#xea;me possible, signe d&apos;une Inspiration divine. La r&#xe9;p&#xe9;tition des m&#xea;mes mots ou des m&#xea;mes phrases (l&apos;anaphore) peut plonger les fid&#xe8;les dans un &#xe9;tat particulier, o&#xf9; le corps, anim&#xe9; d&apos;une vie propre, prie autant que l&apos;esprit. &lt;br /&gt;Au plan du style, Obama n&apos;a donc pas grand chose &#xe0; voir avec Martin Luther King. L&apos;un est plut&#xf4;t froid, c&#xe9;r&#xe9;bral ; l&apos;autre lyrique et exalt&#xe9;. L&apos;un contr&#xf4;le ses &#xe9;motions et millim&#xe8;tre ses propos ; l&apos;autre laissait aller son inspiration &#xe0; partir d&apos;un verset biblique, et, sans jamais perdre de vue l&apos;objectif du discours ou du sermon, se lan&#xe7;ait dans des improvisations haletantes. &lt;/p&gt;&lt;p&gt;A la limite, Bill Clinton est parfois plus proche du style afro-am&#xe9;ricain que Obama ; l&apos;ancien pr&#xe9;sident aime &#xe0; jouer de son accent sudiste, use d&apos;expressions afro-am&#xe9;ricaines – &#xe0; tel point que Toni Morrison le consid&#xe9;rait comme le premier pr&#xe9;sident noir --, et fait en g&#xe9;n&#xe9;ral plein de clins d&apos;œil au monde noir. Ce qui n&apos;est pas le cas du nouveau pr&#xe9;sident, dont l&apos;hexis corporel rappelle plus John Kennedy. &lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Sun, 09 Nov 2008 15:37:00 GMT</pubDate></item><item><title>Au del&#xe0; du symbole</title><dc:creator>Pap Ndiaye</dc:creator><link>http://electionsamerica.canalblog.com/archives/2008/11/07/11276928.html</link><comments>http://electionsamerica.canalblog.com/archives/2008/11/07/11276928.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://electionsamerica.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/11276928/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://electionsamerica.canalblog.com/archives/2008/11/07/11276928.html</guid><description>&lt;p&gt;Voici un article que j&apos;ai publi&#xe9; dans &quot;Lib&#xe9;ration&quot; le jeudi 6 novembre.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;N&apos;e&#xfb;t &#xe9;t&#xe9; la personnalit&#xe9; exceptionnelle, &#xe0; tous les &#xe9;gards, de Barack Obama, son &#xe9;lection &#xe0; la Maison Blanche pourrait ne relever que de l&apos;alternance, finalement banale dans l&apos;histoire politique du pays, entre R&#xe9;publicains et D&#xe9;mocrates. Il est cependant possible qu&apos;elle signale bien plus que le retour des D&#xe9;mocrates au pouvoir apr&#xe8;s huit ans d&apos;administration Bush : elle traduirait alors un grand basculement de la politique am&#xe9;ricaine, comparable dans son ampleur aux deux pr&#xe9;c&#xe9;dents de 1933 et 1980.&lt;br /&gt;L&apos;arriv&#xe9;e au pouvoir de Roosevelt en 1933 survint au pire moment de la Grande D&#xe9;pression. Celle-ci le poussa &#xe0; accro&#xee;tre consid&#xe9;rablement l&apos;intervention de l&apos;Etat dans les affaires &#xe9;conomiques et sociales du pays, en rupture avec le laissez faire de Hoover. Apr&#xe8;s une tentative d&apos;encadrement dirigiste de la production, l&apos;Etat du New Deal se tourna franchement vers une politique keyn&#xe9;sienne de soutien du pouvoir d&apos;achat ouvrier. Il devint pourvoyeur d&apos;emplois par millions, r&#xe9;organisa le syst&#xe8;me bancaire, r&#xe9;forma le droit du travail, cr&#xe9;a la s&#xe9;curit&#xe9; sociale, etc. Sous Johnson, dans les ann&#xe9;es 1960, le lib&#xe9;ralisme am&#xe9;ricain atteignit son apog&#xe9;e, avec des programmes d&apos;assurance maladie pour les pauvres et certaines personnes &#xe2;g&#xe9;es. &lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/07/16/515114/32217403.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img alt=&quot;roosevelt&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/07/16/515114/32217403_p.jpg&quot; width=&quot;300&quot; height=&quot;260&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;float: left; margin: 0px 5px 5px 0px;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La politique du New Deal resta politiquement h&#xe9;g&#xe9;monique jusqu&apos;&#xe0; la fin des ann&#xe9;es 1970, en associant anticommunisme et progressisme. Il y eut certes, dans ce laps de temps, des pr&#xe9;sidents r&#xe9;publicains, mais ils ne remirent pas en cause le consensus lib&#xe9;ral. M&#xea;me un Nixon, &#xe0; la rh&#xe9;torique politique pourtant agressive, d&#xe9;veloppa les activit&#xe9;s de l&apos;Etat r&#xe9;gulateur dans de nombreux secteurs. Le conservatisme se reconstruit progressivement &#xe0; partir de la fin des ann&#xe9;es 1960, via des fondations et des revues intellectuelles ou s&apos;&#xe9;labor&#xe8;rent les th&#xe8;mes de la d&#xe9;r&#xe9;gulation et des baisses d&apos;imp&#xf4;ts en &#xe9;conomie ainsi que d&apos;une politique &#xe9;trang&#xe8;re muscl&#xe9;e pour diffuser la d&#xe9;mocratie dans le monde.&lt;br /&gt;Le retour des conservateurs au pouvoir, d&#xe9;termin&#xe9;s &#xe0; liquider le New Deal, s&apos;op&#xe9;ra avec Reagan, &#xe9;lu gr&#xe2;ce &#xe0; l&apos;abandon du Parti d&#xe9;mocrate par une partie de la classe ouvri&#xe8;re blanche alors que les difficult&#xe9;s de l&apos;Etat providence s&apos;accroissaient. L&apos;h&#xe9;g&#xe9;monie politique &#xe9;tait pass&#xe9;e dans le camp r&#xe9;publicain. Les mandats de Bill Clinton ne la remirent pas profond&#xe9;ment en cause — pas plus que Tony Blair, en Grande-Bretagne, ne mit &#xe0; l&apos;encan l&apos;h&#xe9;ritage de Thatcher. En accord avec la majorit&#xe9; r&#xe9;publicaine au Congr&#xe8;s, Clinton r&#xe9;forma profond&#xe9;ment les programmes d&apos;assistance aux pauvres (welfare), tout en refusant de d&#xe9;manteler la s&#xe9;curit&#xe9; sociale. Il th&#xe9;orisa un &quot;nouveau progressisme&quot; &#xe0; mi-chemin du lib&#xe9;ralisme new-dealien et du conservatisme. George W. Bush donna un coup de gouvernail &#xe0; droite toute, en lan&#xe7;ant son pays dans la guerre et en accentuant les baisses d&apos;imp&#xf4;ts favorables aux plus riches. &lt;br /&gt;Jusqu&apos;&#xe0; ces derniers mois, Obama, par son positionnement centriste et prudent, se situait dans la lign&#xe9;e de Bill Clinton. Il est clair que pendant les primaires, c&apos;est sa personnalit&#xe9;, plut&#xf4;t que ses propositions, qui &#xe9;lectris&#xe8;rent les &#xe9;lecteurs d&#xe9;mocrates et lui permirent de distancer Hillary Clinton.&lt;br /&gt;Mais voil&#xe0; qu&apos;une invit&#xe9;e de derni&#xe8;re minute a boulevers&#xe9; la campagne pr&#xe9;sidentielle : la crise syst&#xe9;mique du capitalisme financier am&#xe9;ricain. Elle a jet&#xe9; une lumi&#xe8;re crue sur le d&#xe9;sarroi politique et intellectuel du Parti r&#xe9;publicain, incapable, et pour cause, de formuler une critique claire des ann&#xe9;es de d&#xe9;r&#xe9;gulation &#xe0; marche forc&#xe9;e qui viennent de s&apos;&#xe9;couler, et d&apos;apporter des r&#xe9;ponses aux millions d&apos;Am&#xe9;ricains qui ont perdu leur maison et leur retraite. Comme Roosevelt en 1932, Obama a admirablement profit&#xe9; de la situation : non seulement en fustigeant &#xe0; juste titre l&apos;administration Bush et ses h&#xe9;ritiers, mais aussi en gauchisant son discours par l&apos;insistance mise dans le r&#xf4;le redistributeur et r&#xe9;gulateur de l&apos;Etat, ce dont il parlait moins pendant les primaires. La crise lui a permis d&apos;&#xea;tre plus audacieux.&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/60/13/515114/32217645.jpeg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img alt=&quot;Obama&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/60/13/515114/32217645_p.jpeg&quot; width=&quot;89&quot; height=&quot;139&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;float: left; margin: 0px 5px 5px 0px;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Les D&#xe9;mocrates sont aujourd&apos;hui en situation de reprendre la main, par l&apos;&#xe9;lection d&apos;Obama et par un nouveau magist&#xe8;re dans le champ des id&#xe9;es politiques, d&#xe9;sert&#xe9; par des R&#xe9;publicains r&#xe9;duits, dans les derniers jours de la campagne, &#xe0; une surench&#xe8;re de propositions peu cr&#xe9;dibles et aux discours venimeux et path&#xe9;tiques de McCain et Palin. Cela ne signifie pas un retour &#xe0; la politique lib&#xe9;rale des ann&#xe9;es 1930-1970, mais l&apos;invention d&apos;une nouvelle r&#xe9;forme, capable de r&#xe9;duire les in&#xe9;galit&#xe9;s qui s&apos;accroissent depuis trente ans et ont pris avec Bush une forme saisissante. Le syst&#xe8;me d&apos;&#xe9;ducation secondaire public des quartiers pauvres est en ruine, les &#xe9;tudes sup&#xe9;rieures s&#xe9;lectives sont devenues inaccessibles &#xe0; la classe moyenne paup&#xe9;ris&#xe9;e. La mobilit&#xe9; sociale a faibli, tandis que les difficult&#xe9;s du quotidien sont devenues aigu&#xeb;s : pour les 47 millions d&apos;Am&#xe9;ricains qui n&apos;ont pas d&apos;assurance-maladie par exemple, et pour les millions d&apos;autres qui doivent arbitrer entre un cr&#xe9;dit immobilier, les &#xe9;tudes des enfants et des frais m&#xe9;dicaux. Un immense chantier de reconstruction sociale attend le nouveau pr&#xe9;sident.&lt;br /&gt;Obama est d&#xe9;j&#xe0; entr&#xe9; dans l&apos;histoire am&#xe9;ricaine en tant que symbole : il est le premier pr&#xe9;sident noir des Etats-Unis, ce qui est en soi une nouvelle enthousiasmante. Il sera un pr&#xe9;sident qui ne cherchera plus &#xe0; jouer cyniquement sur les divisions raciales et sociales : dans son pays, ce n’est pas rien ! Mais cela ne suffit pas. Il lui reste &#xe0; &#xea;tre aussi le grand pr&#xe9;sident r&#xe9;formateur dont son pays a besoin. Son programme en donne l&apos;espoir. On ne saurait pr&#xe9;tendre &#xe0; coup s&#xfb;r que la politique ultra-lib&#xe9;rale, contraire aux int&#xe9;r&#xea;ts de la majorit&#xe9; des Am&#xe9;ricains, en place selon des modalit&#xe9;s plus ou moins brutales depuis 1980, est sur le point de dispara&#xee;tre ; mais enfin, c’est une vraie possibilit&#xe9;, et c’est pourquoi il est bien l&#xe9;gitime, au-del&#xe0; du symbole qu&apos;il incarne si dignement, de se r&#xe9;jouir de l’&#xe9;lection de cet homme-l&#xe0;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Photo : Franklin D. Roosevelt, pr&#xe9;sident des Etats-Unis entre 1933 et 1945.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Fri, 07 Nov 2008 21:49:00 GMT</pubDate></item><item><title>les larmes de Jesse</title><dc:creator>Pap Ndiaye</dc:creator><link>http://electionsamerica.canalblog.com/archives/2008/11/06/11256856.html</link><comments>http://electionsamerica.canalblog.com/archives/2008/11/06/11256856.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://electionsamerica.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/11256856/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://electionsamerica.canalblog.com/archives/2008/11/06/11256856.html</guid><description>&lt;p&gt;L&apos;image restera : Jesse Jackson, en larmes, &#xe0; l&apos;annonce de l&apos;&#xe9;lection d&apos;Obama. Pour beaucoup d&apos;Am&#xe9;ricains, surtout des Noirs am&#xe9;ricains mais pas seulement, loin de l&#xe0;, la victoire si nette et si belle d&apos;Obama ne les projette pas d&apos;un coup dans le futur, dans une Am&#xe9;rique qu&apos;ils r&#xea;vent plus douce, plus juste. Dans les premiers instants, elle fait surtout surgir les fant&#xf4;mes du pass&#xe9;, elle ressuscite avec une force incroyable les souvenirs, les histoires racont&#xe9;es par les parents, les grands-parents et tous les autres dans le lointain de l&apos;histoire. Ce dont ils parlent spontan&#xe9;ment, c&apos;est d&apos;hier plut&#xf4;t que de demain. Jackson pleurant, c&apos;est le vieux militant qui se rappelle les droits civiques, une vie d&apos;homme consacr&#xe9;e &#xe0; eux.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Jesse Jackson est n&#xe9; en 1941 dans cette Caroline du Sud corset&#xe9;e dans la camisole de la s&#xe9;gr&#xe9;gation. Elev&#xe9; par sa m&#xe8;re adolescente remari&#xe9;e (son p&#xe8;re biologique, boxeur professionnel, &#xe9;tait parti refaire sa vie ailleurs). Bon &#xe9;l&#xe8;ve, il part &#xe9;tudier &#xe0; l&apos;universit&#xe9; d&apos;Illinois avant de revenir, pour des raisons un peu obscures, dans le sud, dans une petite universit&#xe9; technique de Caroline du Nord. Puis il part &#xe0; Chicago suivre des cours de th&#xe9;ologie, qu&apos;il abandonne en 1966 pour se consacrer au militantisme (il fut ordonn&#xe9; pasteur en 1968). En 1966, son travail principal consistait &#xe0; organiser la SCLC (l&apos;association de King) &#xe0; Chicago, ville dure parmi les dures du point de vue des relations raciales. Puis il repart dans le sud, avec King, fin 1966. Ses qualit&#xe9;s de militant sont &#xe9;videntes, avec ses limites aussi. En tout cas, il est &#xe0; Memphis le 4 avril 1968 lorsque King est assassin&#xe9;. En fait, Jackson &#xe9;tait au rez-de-chauss&#xe9;e du motel Lorraine, au moment du coup de feu fatal, en fin d&apos;apr&#xe8;s-midi. Il a ensuite affirm&#xe9; que King &#xe9;tait litt&#xe9;ralement mort dans ses bras, ce qui n&apos;est pas exact, pas plus qu&apos;il ne fut la derni&#xe8;re personne &#xe0; qui le mourant parla. Bref, Jackson a toujours eu une tendance s&#xe9;rieuse &#xe0; se promouvoir et &#xe0; exag&#xe9;rer les choses. Il n&apos;emp&#xea;che qu&apos;il a aussi &#xe9;t&#xe9; un militant &#xe9;nergique et courageux, un orateur charismatique capable d&apos;user de m&#xe9;taphores saisissantes, en m&#xea;me temps qu&apos;un politique l&#xe9;gendairement mal organis&#xe9; (il aurait fait un tr&#xe8;s mauvais pr&#xe9;sident). Un long portrait biographique de Jackson se trouve dans le New York Times du 29 novembre 1987.&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/67/16/515114/32157245.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img alt=&quot;Lorraine&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/67/16/515114/32157245_p.jpg&quot; width=&quot;300&quot; height=&quot;232&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;float: left; margin: 0px 5px 5px 0px;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Pour revenir &#xe0; la journ&#xe9;e d&apos;hier, ses larmes n&apos;&#xe9;taient pas feintes : il pensait peut-&#xea;tre &#xe0; son enfance &#xe0; l&apos;arri&#xe8;re des bus, &#xe0; la cour d&apos;&#xe9;cole boueuse o&#xf9; il jouait (&#xe0; c&#xf4;t&#xe9;, l&apos;&#xe9;cole des Blancs avait une pelouse), &#xe0; coup s&#xfb;r &#xe0; ses ann&#xe9;es avec le &quot;docteur King&quot; comme les gens de son &#xe2;ge disent, au motel Lorraine aussi, et puis encore &#xe0; ses propres tentatives d&apos;obtenir l&apos;investiture d&#xe9;mocrate &#xe0; l&apos;&#xe9;lection pr&#xe9;sidentielle (1984 et 1988), lorsqu&apos;il essaya, en vain, de construire une coalition de minorit&#xe9;s bien trop &#xe0; gauche pour gagner. Il pensait &#xe0; l&apos;histoire, et bien d&apos;autres faisaient de m&#xea;me. Ce que nul n&apos;osait imaginer il y a peu, ce que Martin Luther King n&apos;envisageait ni de son vivant, ni de celui de ses enfants, est donc arriv&#xe9;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les paroles d&apos;espoir de King, qui n&apos;y renonce jamais, m&#xea;me dans les moments les plus sombres de sa vie : &quot;Esp&#xe9;rons tous que les sombres nuages du pr&#xe9;jug&#xe9; racial seront vite chass&#xe9;s et que le lourd brouillard de l&apos;incompr&#xe9;hension se dissipera sur nos communaut&#xe9;s poss&#xe9;d&#xe9;es par la peur, de sorte qu&apos;en un lendemain pas trop lointain, les lumineuses &#xe9;toiles de l&apos;amour et de la fraternit&#xe9; brilleront au-dessus de notre grande nation, dans toute leur scintillante beaut&#xe9;&quot;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Photo : Jackson, King et Abernathy sur le balcon du motel Lorraine, le 4 avril 1968, quelques heures avant l&apos;assassinat de MLK.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Thu, 06 Nov 2008 11:14:00 GMT</pubDate></item><item><title>&quot;pourquoi nous trouvons si difficile d&apos;attendre&quot;</title><dc:creator>Pap Ndiaye</dc:creator><link>http://electionsamerica.canalblog.com/archives/2008/11/05/11242143.html</link><comments>http://electionsamerica.canalblog.com/archives/2008/11/05/11242143.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://electionsamerica.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/11242143/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://electionsamerica.canalblog.com/archives/2008/11/05/11242143.html</guid><description>&lt;p&gt;Eh bien c&apos;est fait. Obama est pr&#xe9;sident des Etats-Unis (j&apos;&#xe9;cris cela comme pour bien m&apos;en persuader : j&apos;ai eu beau expliquer de multiples fois pourquoi il ne pouvait &#xea;tre battu, le fait de son &#xe9;lection m&apos;emplit de stupeur, d&apos;&#xe9;motion, de bonheur). Obama est pr&#xe9;sident des Etats-Unis. On a vu ces images proprement incroyables d&apos;une famille noire sur un podium de Chicago. Un pr&#xe9;sident, une &quot;first lady&quot;, deux fillettes. Autour de moi, j&apos;&#xe9;tais dans un studio de t&#xe9;l&#xe9;vision, les journalistes regardaient, silencieux, m&#xe9;dus&#xe9;s.&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/69/65/515114/32116040.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img alt=&quot;martin_luther_king_son&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/69/65/515114/32116040_p.jpg&quot; width=&quot;206&quot; height=&quot;300&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;float: left; margin: 0px 5px 5px 0px;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il va falloir du temps pour analyser les r&#xe9;sultats -- je commence &#xe0; collecter les donn&#xe9;es --, pour envisager les cons&#xe9;quences, et ce que cela signifie pour les Am&#xe9;ricains et les autres. Qui &#xe0; vot&#xe9; pour quoi, ou, pourquoi : on a des id&#xe9;es, mais on manque encore de donn&#xe9;es fines. Et puis envisager ce que Obama fera : comment mettra-t-il en oeuvre son programme r&#xe9;formateur ? selon quel calendrier, quelles contraintes, etc.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Mais pour l&apos;instant, il y a ce fait-l&#xe0;. En 1961, ann&#xe9;e de naissance de Obama, la moiti&#xe9; des Noirs am&#xe9;ricains ne pouvaient pas voter. Et celui-l&#xe0; : King ne croyait pas &#xe0; un pr&#xe9;sident noir avant un si&#xe8;cle. Encore celui-l&#xe0; : le pr&#xe9;sident am&#xe9;ricain est n&#xe9; d&apos;un p&#xe8;re musulman kenyan, a pass&#xe9; les premi&#xe8;res ann&#xe9;es de sa vie en Indon&#xe9;sie. Et aussi : Barack Hussein Obama.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je songeais &#xe0; un texte de Martin Luther King pour saluer l&apos;&#xe9;lection de cet homme-l&#xe0;. Voici donc un extrait de sa lettre de la prison de Birmingham, &#xe9;crite au printemps 1963 :&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&quot;Depuis des ann&#xe9;es, j&apos;entends ce mot : &quot;attendez !&quot; Il r&#xe9;sonne &#xe0; mon oreille, comme &#xe0; celle de chaque Noir, avec une per&#xe7;ante familiarit&#xe9;. Cet &quot;attendez !&quot; a presque toujours signifi&#xe9; : &quot;jamais !&quot; Mais quand vous avez vu des populaces vicieuses lyncher &#xe0; volont&#xe9; vos p&#xe8;res et m&#xe8;res, noyer &#xe0; plaisir vos fr&#xe8;res et sœurs ; quand vous avez vu des policiers pleins de haine maudire, frapper, brutaliser et m&#xea;me tuer vos fr&#xe8;res et sœurs noirs en toute impunit&#xe9; ; quand vous voyez la grande majorit&#xe9; de vingt millions de Noirs &#xe9;touffer dans la prison f&#xe9;tide de la pauvret&#xe9;, au sein d&apos;une soci&#xe9;t&#xe9; opulente ; quand vous sentez votre langue se nouer et votre voix vous manquer pour tenter d&apos;expliquer &#xe0; votre petite fille de six ans pourquoi elle ne peut aller au parc d&apos;attractions qui vient de faire l&apos;objet d&apos;une publicit&#xe9; &#xe0; la t&#xe9;l&#xe9;vision ; quand vous voyez les larmes affluer dans ses petits yeux parce qu&apos;un tel parc est ferm&#xe9; aux enfants de couleur ; quand vous voyez les nuages d&#xe9;primants d&apos;un sentiment d&apos;inf&#xe9;riorit&#xe9; se former dans son petit ciel mental ; quand vous la voyez commencer &#xe0; oblit&#xe9;rer sa petite personnalit&#xe9; en s&#xe9;cr&#xe9;tant inconsciemment une amertume &#xe0; l&apos;&#xe9;gard des Blancs ; quand vous devez inventer une explication pour votre petit gar&#xe7;on de cinq ans qui vous demande dans son langage path&#xe9;tique et torturant : &quot;Papa, pourquoi les Blancs sont si m&#xe9;chants avec ceux de couleur ?&quot; ; quand, au cours de vos voyages, vous devez dormir nuit apr&#xe8;s nuit sur le si&#xe8;ge inconfortable de votre voiture parce qu&apos;aucun motel ne vous acceptera ; quand vous &#xea;tes humili&#xe9; jour apr&#xe8;s jour par des pancartes narquoises : &quot;Blancs&quot;, &quot;Noirs&quot; ; quand votre pr&#xe9;nom est &quot;n&#xe9;gro&quot; et votre nom &quot;mon gar&#xe7;on&quot; (quel que soit votre &#xe2;ge) ou &quot;John&quot; ; quand votre m&#xe8;re et votre femme ne sont jamais appel&#xe9;es respectueusement &quot;Madame&quot; ; quand vous &#xea;tes harcel&#xe9; le jour et hant&#xe9; la nuit par le fait que vous &#xea;tes un n&#xe8;gre, marchant toujours sur la pointe des pieds sans savoir ce qui va vous arriver l&apos;instant d&apos;apr&#xe8;s, accabl&#xe9; de peur &#xe0; l&apos;int&#xe9;rieur et de ressentiment &#xe0; l&apos;ext&#xe9;rieur ; quand vous combattez sans cesse le sentiment d&#xe9;vastateur de n&apos;&#xea;tre personne ; alors vous comprenez pourquoi nous trouvons si difficile d&apos;attendre.&quot;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Photo : Martin Luther King et l&apos;un de ses fils.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Wed, 05 Nov 2008 10:30:00 GMT</pubDate></item><item><title>la foule des gueux</title><dc:creator>Pap Ndiaye</dc:creator><link>http://electionsamerica.canalblog.com/archives/2008/11/03/11222001.html</link><comments>http://electionsamerica.canalblog.com/archives/2008/11/03/11222001.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://electionsamerica.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/11222001/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://electionsamerica.canalblog.com/archives/2008/11/03/11222001.html</guid><description>&lt;p&gt;La ville de Chicago se pr&#xe9;pare &#xe0; la soir&#xe9;e &#xe9;lectorale la plus folle de son histoire. Obama est le premier &#xe9;lu de Chicago &#xe0; briguer la pr&#xe9;sidence am&#xe9;ricaine (Lincoln &#xe9;tait aussi &#xe9;lu de l&apos;Illinois, mais &#xe9;tait &#xe9;tabli &#xe0; Springfield, au sud de l&apos;Etat, et Reagan, autre natif de l&apos;Illinois, a b&#xe2;ti sa carri&#xe8;re d&apos;acteur et de politique en Californie), et la population esp&#xe8;re f&#xea;ter comme il se doit l&apos;&#xe9;lection de son s&#xe9;nateur favori. Pour cela, un parc en bordure du lac Michigan a &#xe9;t&#xe9; r&#xe9;serv&#xe9;, et c&apos;est l&#xe0; que Obama fera son discours de nouveau pr&#xe9;sident ou de battu. Mais la mairie de Chicago s&apos;inqui&#xe8;te : et si l&apos;&#xe9;lection d&apos;Obama d&#xe9;clenchait une ru&#xe9;e des habitants noirs des quartiers pauvres du sud de la ville vers le centre-ville ? On encourage les gens &#xe0; f&#xea;ter l&apos;&#xe9;lection dans leurs quartiers respectifs, mais on redoute l&apos;invasion des quartiers chics par une populace, qui pourrait se croire chez elle !&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/28/37/515114/32056651.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img alt=&quot;Jackson&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/28/37/515114/32056651_p.jpg&quot; width=&quot;250&quot; height=&quot;168&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;float: left; margin: 0px 5px 5px 0px;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Cette grand peur, qui signale l&apos;ambiguit&#xe9; du processus &#xe9;lectoral, trouve un &#xe9;cho lointain avec l&apos;&#xe9;lection &#xe0; la pr&#xe9;sidence d&apos;Andrew Jackson, en 1828. N&#xe9; en 1767 dans une famille modeste, Jackson &#xe9;tait un g&#xe9;n&#xe9;ral, un dur &#xe0; cuire surnomm&#xe9; &quot;Old Hickory&quot;, qui tra&#xee;na ses gu&#xea;tres dans la guerre de 1812 contre l&apos;Angleterre, les guerres contre les Indiens s&#xe9;minoles, avant son entr&#xe9;e en politique en 1822 comme s&#xe9;nateur du Tennessee. Dans la foul&#xe9;e, il se pr&#xe9;senta &#xe0; l&apos;&#xe9;lection pr&#xe9;sidentielle de 1824, qu&apos;il perdit de peu (cette &#xe9;lection fut la premi&#xe8;re &#xe0; &#xea;tre au suffrage universel masculin). Il prit sa revanche en 1828, en &#xe9;tant &#xe9;lu 7e pr&#xe9;sident des Etats-Unis -- apr&#xe8;s une campagne tr&#xe8;s brutale, o&#xf9; sa femme fut accus&#xe9;e de bigamie, ce qui la tua (l&apos;accusation, pas la bigamie). Pr&#xe9;sident d&#xe9;mocrate, Jackson fut le premier pr&#xe9;sident &#xe0; ouvrir les portes de la Maison Blanche au public &#xe0; l&apos;occasion de la c&#xe9;r&#xe9;monie d&apos;inauguration, le 4 mars 1829. La foule des gueux s&apos;y pr&#xe9;cipita : la demeure fut envahie, les souliers boueux t&#xe2;ch&#xe8;rent les tapisseries et les fauteuils, la vaisselle fut cass&#xe9;e. On dit qu&apos;il fallut verser de l&apos;alcool dans des baignoires transport&#xe9;es sur la pelouse pour faire sortir les f&#xea;tards ! Scandale &#xe0; la Maison Blanche, titr&#xe8;rent les journaux le lendemain… Aujourd&apos;hui, cette anecdote est regard&#xe9;e d&apos;un œil bienveillant par les Am&#xe9;ricains, qui voient dans l&apos;apparition tonitruante du peuple la d&#xe9;mocratisation de la vie politique et l&apos;appropriation de ses symboles.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Et si l&apos;&#xe9;lection d&apos;Obama se traduisait par une foule de gueux dans des endroits qu&apos;ils ne fr&#xe9;quentent pas d&apos;habitude, comme la tr&#xe8;s chic Michigan Avenue, le &quot;Magnificent Mile&quot; en plein centre-ville ? Ah, mais la police de Chicago, r&#xe9;put&#xe9;e pour avoir la main lourde, veille au grain… &lt;/p&gt;&lt;p&gt;image : gravure repr&#xe9;sentant la foule devant la Maison Blanche en mars 1829, &#xe0; l&apos;inauguration du nouveau pr&#xe9;sident.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Mon, 03 Nov 2008 20:48:00 GMT</pubDate></item><item><title>chronique d&apos;une victoire annonc&#xe9;e</title><dc:creator>Pap Ndiaye</dc:creator><link>http://electionsamerica.canalblog.com/archives/2008/11/02/11208327.html</link><comments>http://electionsamerica.canalblog.com/archives/2008/11/02/11208327.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://electionsamerica.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/11208327/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://electionsamerica.canalblog.com/archives/2008/11/02/11208327.html</guid><description>&lt;p&gt;A trois jours de l&apos;&#xe9;lection, les sondages r&#xe9;pondent invariablement de la m&#xea;me mani&#xe8;re : Obama sera &#xe9;lu pr&#xe9;sident. Il existe certes des variations selon les enqu&#xea;tes, mais en consid&#xe9;rant les hypoth&#xe8;ses les plus pessimistes pour Obama, celui-ci sort quand m&#xea;me vainqueur du scrutin. Une mobilisation des &#xe9;lecteurs r&#xe9;publicains &#xe0; la derni&#xe8;re minute ? Cela ne suffit pas pour McCain. Une d&#xe9;saffection d&apos;&#xe9;lecteurs blancs qui ne se font pas &#xe0; l&apos;id&#xe9;e de voter pour un homme noir ? Cela ne suffit pas. Les &#xe9;lecteurs ind&#xe9;cis qui d&#xe9;cident en bloc de voter r&#xe9;publicain ? Non plus. Des sondages qui se tromperaient en bloc ? Il y en a vingt par jour, avec des &#xe9;chantillons diff&#xe9;rents, des redressements diff&#xe9;rents. AUCUN n&apos;a donn&#xe9; McCain vainqueur, c&apos;est aussi simple que cela. Il y a quatre ans et huit ans, les sondages &#xe9;taient tr&#xe8;s serr&#xe9;s, bien en-de&#xe7;a de la marge d&apos;erreur. Il faut remonter &#xe0; l&apos;&#xe9;lection de Clinton en 1996 pour avoir des sondages aussi nets. Dans l&apos;ensemble, les sondages de pr&#xe9;sidentielles am&#xe9;ricaines ne se trompent pas (sauf en 1948, comme j&apos;ai d&#xe9;j&#xe0; eu l&apos;occasion de l&apos;expliquer).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Bref, en d&#xe9;pit des prudences journalistiques (qui tiennent souvent &#xe0; un suspens qu&apos;il s&apos;agit de maintenir pour l&apos;audience), il est raisonnable de dire que Obama sera presque certainement &#xe9;lu pr&#xe9;sident le 4 novembre au soir. La possibilit&#xe9; qu&apos;il le soit avec une marge &#xe9;norme en grands &#xe9;lecteurs est infiniment plus grande que la possibilit&#xe9; qu&apos;il soit battu. Le suspense se r&#xe9;sume donc &#xe0; ceci : quelle sera la marge d&apos;avance de Obama ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le probl&#xe8;me principal pour Obama et ses troupes consiste &#xe0; faire voter les &#xe9;lecteurs. Leur potentiel &#xe9;lectoral est tr&#xe8;s sup&#xe9;rieur &#xe0; celui de McCain. Mais encore faut-il que les &#xe9;lecteurs aillent voter. Or, du c&#xf4;t&#xe9; d&#xe9;mocrate, la mobilisation est historiquement moins bonne, en raison des caract&#xe9;ristiques sociologiques de cet &#xe9;lectorat. Les D&#xe9;mocrates sont en moyenne plus jeunes que les R&#xe9;publicains. Or plus on est &#xe2;g&#xe9;, plus on vote (c&apos;est vrai aussi en France). D&apos;o&#xf9; l&apos;effort men&#xe9; pour inscrire les jeunes sur les listes &#xe9;lectorales. En outre, l&apos;&#xe9;lectorat d&#xe9;mocrate est en bonne partie compos&#xe9; de personnes &#xe0; revenus modestes, surtout dans les minorit&#xe9;s. L&#xe0; aussi, la question de la participation &#xe9;lectorale se pose : plus les revenus sont faibles, moins on vote, en raison d&apos;une plus grande indiff&#xe9;rence aux d&#xe9;bats politiques, de difficult&#xe9;s de vie qui font passer le devoir &#xe9;lectoral au second plan, mais aussi de l&apos;impossibilit&#xe9; de voter. Les quartiers pauvres des villes ont moins de bureaux de vote que les autres quartiers, il faut attendre longtemps, ce qui n&apos;est pas toujours facile quand on travaille, ou que l&apos;on garde des enfants. Dans le Sud des Etats-Unis, encore marqu&#xe9; par les vieilles pratiques de s&#xe9;gr&#xe9;gation, il arrive que des &#xe9;lecteurs noirs soient refoul&#xe9;s des bureaux de vote, au motif qu&apos;ils n&apos;ont pas les papiers n&#xe9;cessaires (c&apos;est ce qui s&apos;est pass&#xe9; dans le nord de la Floride il y a quatre ans). Dernier &#xe9;l&#xe9;ment : la d&#xe9;mobilisation de l&apos;&#xe9;lectorat, &#xe0; l&apos;annonce d&apos;une victoire attendue… Le matraquage publicitaire actuellement op&#xe9;r&#xe9; par Obama n&apos;a pas pour fonction de d&#xe9;cider les &#xe9;lecteurs : dans leur immense majorit&#xe9;, c&apos;est d&#xe9;j&#xe0; fait. Il vise surtout &#xe0; rappeler aux D&#xe9;mocrates qu&apos;il faut voter, si possible en avance. &lt;/p&gt;&lt;p&gt;Par contraste, l&apos;objectif des R&#xe9;publicains est double : que l&apos;&#xe9;lectorat d&#xe9;j&#xe0; convaincu par McCain aille bien voter (c&apos;est faisable) ; et que des masses d&apos;&#xe9;lecteurs ind&#xe9;cis ou favorables &#xe0; Obama changent d&apos;avis (c&apos;est trop tard). L&apos;horloge des douze coups de minuit s&apos;appr&#xea;te &#xe0; sonner. Les jeux sont faits.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Sun, 02 Nov 2008 20:30:45 GMT</pubDate></item><item><title>Ca va mieux pour qui ?</title><dc:creator>Pap Ndiaye</dc:creator><link>http://electionsamerica.canalblog.com/archives/2008/10/30/11172599.html</link><comments>http://electionsamerica.canalblog.com/archives/2008/10/30/11172599.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://electionsamerica.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/11172599/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://electionsamerica.canalblog.com/archives/2008/10/30/11172599.html</guid><description>&lt;p&gt;On me demandait l&apos;autre jour si la situation des Noirs am&#xe9;ricains s&apos;est am&#xe9;lior&#xe9;e depuis les ann&#xe9;es 1960. La r&#xe9;ponse est nuanc&#xe9;e : tout d&#xe9;pend pour qui. Grosso modo, cela va bien mieux pour certains ; et moins bien pour d&apos;autres.&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/88/61/515114/31897005.jpeg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img alt=&quot;9507__photo_american_gangster__05_21&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/88/61/515114/31897005_p.jpeg&quot; width=&quot;300&quot; height=&quot;199&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;float: left; margin: 0px 5px 5px 0px;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Commen&#xe7;ons par ce qui va mieux : l&apos;essor de la classe moyenne noire gr&#xe2;ce &#xe0; l&apos;affaissement de la s&#xe9;gr&#xe9;gation spatiale et aux programmes d&apos;affirmative action. L&apos;affirmative action a eu pour effet social principal de consolider la classe moyenne noire en lui agr&#xe9;geant des &#xe9;l&#xe9;ments qui n&apos;&#xe9;taient pas trop &#xe9;loign&#xe9;s d&apos;elle. Celle-ci, r&#xe9;duite et fragile dans les ann&#xe9;es 1960, s&apos;est socialement &#xe9;largie, est d&#xe9;sormais &#xe9;conomiquement stabilis&#xe9;e et dispose de ressources politiques notables. Il existe un d&#xe9;bat ancien entre sociologues am&#xe9;ricains &#xe0; propos de la solidit&#xe9; de cette classe moyenne. Le point de vue plut&#xf4;t optimiste de William Julius Wilson, &#xe0; la fin des ann&#xe9;es 1970, selon lequel la classe moyenne noire &#xe9;tait &quot;sauv&#xe9;e&quot;, a &#xe9;t&#xe9; contredit par d&apos;autres sociologues qui ont insist&#xe9; sur le &quot;plafond de verre&quot; dans les entreprises, sur les &#xe9;carts de revenus entre jeunes dipl&#xf4;m&#xe9;s noirs et blancs qui ont recommenc&#xe9; &#xe0; cro&#xee;tre &#xe0; partir des ann&#xe9;es 1980, et sur la minceur du capital &#xe9;conomique et symbolique de la classe moyenne noire. En d&#xe9;pit de ces nuances, il est incontestable que cette classe moyenne am&#xe9;lior&#xe9; ses positions sociales. Mais le pari, par cette politique, &#xe9;tait que la classe moyenne noire allait jouer un r&#xf4;le moteur dans le progr&#xe8;s de l&apos;ensemble de la communaut&#xe9; noire. Or ce pari a &#xe9;t&#xe9; perdu.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;En effet, l&apos;affirmative action n&apos;a pas r&#xe9;duit la grande pauvret&#xe9; et l&apos;isolement politique des Noirs des ghettos. Pire m&#xea;me : la dislocation sociale des ghettos am&#xe9;ricains s&apos;est aggrav&#xe9;e au moment m&#xea;me o&#xf9; la classe moyenne noire am&#xe9;liorait sa situation. On a donc assist&#xe9; &#xe0; une dissociation forte entre une classe moyenne noire qui, gr&#xe2;ce &#xe0; l&apos;affirmative action, a su profiter de l&apos;ouverture du syst&#xe8;me &#xe9;conomique pour se tailler des situations sociales convenables, et une classe prol&#xe9;taire noire, l&apos;underclass, catastrophiquement fragilis&#xe9;e par trois ph&#xe9;nom&#xe8;nes.&lt;/p&gt;&lt;p&gt; Le premier consista en la baisse des emplois peu qualifi&#xe9;s dans les centre-villes, li&#xe9;e au d&#xe9;placement des activit&#xe9;s manufacturi&#xe8;res hors des agglom&#xe9;rations. Les villes ont offert des emplois de plus en plus qualifi&#xe9;s, tandis que les emplois non qualifi&#xe9;s &#xe9;taient d&#xe9;sormais hors d&apos;atteinte g&#xe9;ographique pour les jeunes Noirs et Hispaniques d&#xe9;scolaris&#xe9;s. Leur taux de ch&#xf4;mage a explos&#xe9;, ce qui a favoris&#xe9; l&apos;essor des activit&#xe9;s d&#xe9;lictueuses et criminelles, en particulier le commerce de la drogue.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le second ph&#xe9;nom&#xe8;ne est que les classes moyennes ont quitt&#xe9; les ghettos. Tant qu&apos;elles &#xe9;taient l&#xe0;, il subsistait encore des institutions viables (&#xe9;coles, &#xe9;glises, magasins) qui tiraient leur stabilit&#xe9; et leurs revenus de la pr&#xe9;sence de familles salari&#xe9;es tout en b&#xe9;n&#xe9;ficiant &#xe9;galement aux plus pauvres. En outre, pour les enfants, l&apos;existence de personnes &#xe0; revenu stable, tir&#xe9; de formes de travail conventionnelles, fournissait une r&#xe9;f&#xe9;rence sociale. Le tampon social de la classe moyenne du ghetto disparut dans les ann&#xe9;es 1970. L&apos;isolement croissant de ceux qui restaient a fait que la recherche du travail ouvrier, qui s&apos;appuyait traditionnellement sur des r&#xe9;seaux familiaux et communautaires, est devenue plus difficile encore. Les normes de comportement associ&#xe9;es au travail (&#xea;tre &#xe0; l&apos;heure par exemple) se sont perdues.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le troisi&#xe8;me ph&#xe9;nom&#xe8;ne est que le nombre de m&#xe8;res seules noires augmenta fortement, ce qui fragilisa &#xe9;conomiquement les familles noires en question. En 1940, 18 % des familles noires &#xe9;taient monoparentales (dirig&#xe9;es par la m&#xe8;re), puis 28 % en 1970, 42 % en 1983, 70 % aujourd&apos;hui (contre 35 % pour les familles blanches). Plusieurs explications sont possibles &#xe0; un ph&#xe9;nom&#xe8;ne qui fait l&apos;objet de controverses assez vives. Ce qui est certain est que le taux de ch&#xf4;mage des hommes joue un r&#xf4;le, puisqu&apos;il limite leur capacit&#xe9; &#xe0; faire vivre une famille. Une autre hypoth&#xe8;se est &#xe9;galement discut&#xe9;e : la rar&#xe9;faction des hommes sur le march&#xe9; matrimonial. Ceci, en raison de facteurs objectifs (le nombre de jeunes hommes noirs tu&#xe9;s ou en prison) et subjectifs : on a not&#xe9; le faible pourcentage de jeunes hommes noirs qui souhaitent se marier, en supposant que leur grande fragilit&#xe9; &#xe9;conomique les rendait tr&#xe8;s circonspects &#xe0; l&apos;&#xe9;gard d&apos;un engagement marital. En tout cas, le vivier d&apos;hommes noirs disponibles est bien plus faible que le vivier d&apos;hommes blancs (le taux de mariages mixtes &#xe9;tant de 17 % environ, l&apos;essentiel se joue &#xe0; l&apos;int&#xe9;rieur des groupes raciaux).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;image : photo du film &quot;American Gangster&quot; avec Denzel Washington, qui raconte l&apos;arriv&#xe9;e massive de la drogue &#xe0; Harlem dans les ann&#xe9;es 1970.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Thu, 30 Oct 2008 21:54:00 GMT</pubDate></item><item><title>Devine qui vient d&#xee;ner ce soir ? un pr&#xe9;sident noir...</title><dc:creator>Pap Ndiaye</dc:creator><link>http://electionsamerica.canalblog.com/archives/2008/10/29/11159473.html</link><comments>http://electionsamerica.canalblog.com/archives/2008/10/29/11159473.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://electionsamerica.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/11159473/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://electionsamerica.canalblog.com/archives/2008/10/29/11159473.html</guid><description>&lt;p&gt;Quelques mots d&apos;histoire pour prolonger le pr&#xe9;c&#xe9;dent post, &#xe0; propos des lois interdisant les mariages dits mixtes, aux Etats-Unis. Ces interdictions proc&#xe9;daient d&apos;une obsession, celle de la miscegenation, c&apos;est-&#xe0;-dire le m&#xe9;lange des races, tant on craignait, &#xe0; l&apos;instar de Gobineau, la contamination raciale de la race sup&#xe9;rieure. Cela est &#xe9;videmment paradoxal, dans la mesure o&#xf9;, pendant l&apos;esclavage, les relations sexuelles par contrainte &#xe9;taient courantes entre ma&#xee;tres et femmes esclaves. Les enfants qui naissaient de ces viols &#xe9;taient des esclaves &#xe0; peau claire (il pouvait arriver, comme Jefferson sur son lit de mort, qu&apos;on les affranch&#xee;t, mais c&apos;&#xe9;tait rare). C&apos;est la raison pour laquelle, contrairement &#xe0; ce qu&apos;on pourrait spontan&#xe9;ment penser, Gobineau &#xe9;tait oppos&#xe9; &#xe0; l&apos;esclavage : non en raison de principes moraux, mais parce qu&apos;il acc&#xe9;l&#xe9;rait, selon lui, le m&#xe9;tissage qui lui faisait tant horreur. Comme quoi, il y avait mille et une mani&#xe8;res d&apos;&#xea;tre abolitionniste !&lt;a href=&quot;http://storage.canalblog.com/38/65/515114/31857308.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img alt=&quot;guess&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/38/65/515114/31857308_p.jpg&quot; width=&quot;194&quot; height=&quot;300&quot; border=&quot;0&quot; style=&quot;float: left; margin: 0px 5px 5px 0px;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Bien avant Gobineau (traduit tr&#xe8;s rapidement aux Etats-Unis &#xe0; la fin des ann&#xe9;es 1850) des lois interdisant les mariages dits &quot;mixtes&quot; existaient dans la plupart des Etats du Sud (d&#xe8;s le 18e si&#xe8;cle pour certains), puis elles se g&#xe9;n&#xe9;ralis&#xe8;rent par la suite pour concerner vingt-neuf Etats (en pratique tous ceux dont la population noire d&#xe9;passait 5 %). Il &#xe9;tait laiss&#xe9; &#xe0; l&apos;appr&#xe9;ciation de chaque Etat le soin de d&#xe9;terminer qui &#xe9;tait une personne de couleur et qui ne l&apos;&#xe9;tait pas. En Caroline du Nord, l&apos;appr&#xe9;ciation de la pr&#xe9;sence de &quot;sang noir&quot; &#xe9;tait visuelle, tandis qu&apos;en Virginie voisine, un pourcentage pr&#xe9;cis &#xe9;tait stipul&#xe9; : en l&apos;occurrence un quart de &quot;sang noir&quot;. Chaque Etat ajoutait des pr&#xe9;cisions plus ou moins baroques : en Arizona, le mariage &#xe9;tait tout simplement interdit aux mul&#xe2;tres, tandis que le Mississippi, le Missouri, l&apos;Oregon et l&apos;Ohio prohibaient le mariage entre Blancs et &quot;Mongols&quot; ; entre Blancs et &quot;Cor&#xe9;ens&quot; dans le Dakota du Sud, ces derniers &#xe9;tant remplac&#xe9;s par les &quot;Hindous&quot; en Arizona, par les &quot;Chinois&quot;, &quot;Japonais&quot; ou &quot;Philippins&quot; ailleurs ! Dans le cas d&apos;Obama, ses parents se rencontr&#xe8;rent &#xe0; l&apos;universit&#xe9; d&apos;Hawai, o&#xf9; ils &#xe9;taient &#xe9;tudiants. C&apos;est l&#xe0; qu&apos;ils se mari&#xe8;rent, parce que l&apos;Etat d&apos;Hawai a une tradition lib&#xe9;rale en la mati&#xe8;re. &lt;/p&gt;&lt;p&gt;C&apos;est seulement en 1967, comme je l&apos;&#xe9;crivais, que la Cour supr&#xea;me l&#xe9;gif&#xe9;ra. Cela, &#xe0; la suite de l&apos;affaire Loving : les &#xe9;poux Loving (femme noire et homme blanc) s&apos;&#xe9;taient rencontr&#xe9;s en Virginie, o&#xf9; ils vivaient, et s&apos;&#xe9;taient mari&#xe9;s en 1958 l&#xe0; o&#xf9; ils pouvaient le faire, en l&apos;occurrence &#xe0; Washington, la capitale f&#xe9;d&#xe9;rale. De retour en Virginie, ils furent arr&#xea;t&#xe9;s au motif qu&apos;ils dormaient dans le m&#xea;me lit, et furent rapidement condamn&#xe9;s &#xe0; un an de prison, r&#xe9;vocable s&apos;ils acceptaient de quitter l&apos;Etat. Ils d&#xe9;m&#xe9;nag&#xe8;rent donc &#xe0; Washington en 1959. Mais ils n&apos;avaient pas renonc&#xe9; : avec l&apos;aide d&apos;associations et d&apos;Eglises, ils lanc&#xe8;rent des proc&#xe8;s contre l&apos;Etat de Virginie. D&apos;appel en appel, la Cour supr&#xea;me des Etats-Unis fut amen&#xe9;e &#xe0; se prononcer, et d&#xe9;clara unanimement que la loi virginienne violait la Constitution am&#xe9;ricaine (le 14e amendement en l&apos;occurrence). On nota par la suite un accroissement remarquable du nombre de mariages &quot;mixtes&quot; dans le pays. En 1967 toujours, le film &quot;Devine qui vient d&#xee;ner ce soir&quot;, avec Sidney Poitier, Katharine Hepburn, Katharine Houghton et Spencer Tracy, raconte l&apos;histoire d&apos;un couple &quot;mixte&quot; qui vient d&#xee;ner chez les parents de gauche (mais oppos&#xe9;s au mariage) de la jeune fille blanche. Un joli film, subtil, merveilleusement en phase avec l&apos;histoire. Dans le cas des grands-parents d&apos;Obama, ceux-ci accept&#xe8;rent facilement leur gendre noir. Une famille particuli&#xe8;rement tol&#xe9;rante et humaine, des qualit&#xe9;s qui semblent bien avoir &#xe9;t&#xe9; transmises &#xe0; l&apos;enfant n&#xe9; en 1961.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Wed, 29 Oct 2008 21:52:59 GMT</pubDate></item></channel></rss>