20 octobre 2008

la langue des campagnes

Connaissez-vous les derniers mots de la langue anglaise ? Ils sont formés à partir du nom-racine "Obama", bien sûr ! D'après le Global Language Monitor (www.languagemonitor.com) qui suit l'évolution de la langue anglaise dans le monde, et qui analyse en détail les discours des candidats à l'élection présidentielle, les commentaires sur eux, et les expressions de campagne, on apprend que Obama" a donné naissance à de multiples expressions, parmi lesquelles : "obamamentum" (Obama et momentum, l'élan-Obama), "Obamarama" (panorama Obama), "Obamamania" (pas besoin de traduire), "Obamanomics" (l'économie vue par Obama), etc. Dans le passé, des présidents américains ont aussi servi de support à l'imagination linguistique : Lincolnesque, Nixonesque ou Clintonesque. Du côté de McCain, rien à signaler…

Plus sérieusement, l'analyse des discours des candidats, qui tient compte du nombre de mots utilisés, donne des résultats intéressants. Lors du dernier débat, McCain a utilisé 6 562 mots contre 7 146 pour Obama. McCain a un niveau de discours compréhensible pour un enfant de 12-13 ans (grade level 7) tandis que Obama se fait comprendre d'un adolescent de 14-15 ans (grade level 9). McCain est donc plus facile à comprendre, avec un anglais plus simple, plus élémentaire. C'est peut-être un avantage.

Si on applique la même échelle à d'autres dirigeants politiques du passé et du présent, on obtient, tout en haut de l'affiche intellectuelle, Lincoln (dont on ne soulignera jamais assez les qualités linguistiques et littéraires), accessible à des jeunes gens de 16-17 ans, et tout en bas Ross Perot (candidat indépendant en 1992) et les George Bush père et fils (12-13 ans). Obama se situe au milieu du classement, au voisinage de Nixon, Kennedy et Reagan, tandis que McCain est tout en bas. Le score le plus surprenant est celui de Sarah Palin. Eh oui, Madame Palin a un score de 9,5, très voisin de celui d'Obama (9,3). Cette évaluation ne se fonde pas seulement sur son discours de la convention, écrit d'avance par d'autres qu'elle, mais aussi sur son débat vice-présidentiel, où son niveau de langue apparaissait de prime abord comme médiocre. C'est sans doute que le logiciel ne tient pas compte de la syntaxe et encore moins de la teneur des propos.

Posté par Pap Ndiaye à 22:52 - Commentaires [7] - Permalien [#]

Commentaires sur la langue des campagnes

    ben en france, c'est la chute libre depuis le Grand Charles...

    et pas seulement lors des campagnes présidentielles, alors !

    Je crois qu'ici, le vocabulaire le plus riche était employé par Rocard. Qui n'a jamais eu la moindre chance...

    Pourquoi dites-vous "plus sérieusement ?" C'est très sérieux, le niveau de la langue, c'est un sacré indicateur je trouve...

    Et puis, pourquoi suis-je toute seule petitoune à poster sur ce blog passionnant ?

    Bizarre !

    Clopine Trouillefou

    Posté par Clopine, 21 octobre 2008 à 11:33 | | Répondre
  • autre expression...

    Il y a aussi l'expression que l'on retrouve sur certains tshirts de campagne: "Barack N Roll" !

    Posté par Olympe, 21 octobre 2008 à 12:45 | | Répondre
  • Nobama

    Oui, et il y a aussi "Nobama", sur les tee-shirts républicains !

    Posté par Pap Ndiaye, 21 octobre 2008 à 15:43 | | Répondre
  • et aussi...

    J'ai entendu Michelle Obama dire qu'elle était Obamamama : fan d'Obama.

    Posté par lachapelle, 21 octobre 2008 à 19:11 | | Répondre
  • effet Bradley encore

    A mon grand regret, je n'ai pas pu être présent à la BNF, ce soir. Alors je te pose la question que je n'ai pu te poser oralement. Tu fais remarquer à propos de l'effet Bradley que les sondeurs minorent le score Obama, en fonction de cet effet, un peu de la même façon qu'en France on effectue des corrections en faveur des partis extrêmes que l'électeur n'ose pas ouvertement soutenir. A-t-on des renseignements plus précis sur ces corrections? Est-ce la première fois que les sondeurs minorent les résultats d'un candidat dans une élection présidentielle?

    Je vois avec plaisir se développer les commentaires et aussi les approbations sur la qualité de ce blog!

    PhJ.

    Posté par PhJ., 21 octobre 2008 à 23:01 | | Répondre
  • des mots

    En complément des remarques de Pap, il y a une très belle analyse dans le New Yorker de la semaine dernière sur l'emploi du terme "mot" (word) de la campagne. James Wood signale que les républicains reprochent dans chaque discours à Obama d'être un beau parleur :"words are everything to him", "a man of words" entend-on souvent dans les cercles conservateurs pour dénoncer son goût du livre et des idées. Pour le coup, Obama risque d'avoir le dernier... mot!

    Posté par Romain, 22 octobre 2008 à 22:17 | | Répondre
  • bonjour Philippe

    pas de renseignements plus précis : ou plutôt, on s'interroge sur la réalité de l'effet Bradley. Après tout, il est possible que les sondages de l'élection de 1982 aient été mal échantillonnés. Il me paraît néanmoins raisonnable de dire qu'un certain nombre d'électeurs ne voteront pas Obama parce qu'il est noir, alors qu'ils auraient voté Clinton. Mais est-ce 2, 3, 4, 6 % Mystère ! Et combien se mobilisent particulièrement cette fois-ci en raison de la personnalité d'Obama ?

    Posté par Pap Ndiaye, 22 octobre 2008 à 23:01 | | Répondre
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